By breaking the link - still tight - between discourses and their materiality, the digital revolution requires a radical revision of the gestures and notions that we associate to the written text.

Roger Chartrier in Non sperate di liberarvi dei libriUmberto Eco, Jean-Claude Carrière (2009)

{translated from Italian by P—DPA}

(via p-dpa)


Le livre comme espace temporel.”Jean-François Reymond parle de l’espace et du temps dans le livre.
Quant au livre de Stéphane Mallarmé, gravures de Jean-François Reymond.
Interview filmée à Lutry (VD) le 5 mars 2014 par Laurent Dubois, BCU Lausanne.”


Première reflexion sur la différence d’accès à l’information selon les supports : flux internet vs livre imprimé

J’ai tendance à beaucoup rester sur Facebook. Pas forcément pour y poster des choses, ni pour suivre l’actualité de mes amis (bien que cela m’arrive, évidemment), mais plutôt pour collecter des informations.
Je “like” des pages, je suis des artistes, des écrivains, des bloggeurs, des studios et collectifs. La moitié de mes 650 amis Facebook ne font d’ailleurs pas partie de mon cercle de proches, il y en a aussi beaucoup que je n’ai jamais rencontrés. Facebook me sert de rapatrieur, de dealer d’information. C’est mon bureau, mon plan de travail, mon arrière-plan, qui me propose, tout chaudement servi, un flux d’actualité personnalisé. Des liens sur lesquels je vais pouvoir cliquer et qui vont m’orienter sur des informations diverses et variées. Bien-sûr, toutes les actualités de chaque compte suivi n’apparaissent pas (en raison de l’algorithme du site notamment), mais le flux proposé m’oriente vers des articles, des posts, des projets d’artistes provenant de blogs, de sites externes.
Ce qui m’est proposé est fragmentaire. Ce sont des actualités ponctuelles : le dernier article de PDPA ou encore le dernier projet du studio machin. Mais ce ne sont jamais, la plupart du temps, des sites dans leur intégralité (par là, j’entends site internet depuis sa page d’accueil). Ce sont, la plupart du temps, des portes d’entrée vers ce site qui ne sont pas la page d’accueil, mais des portes dérobées. Ce sont des accès biaisés. Par exemple, je peux accéder à la page d’un appel à projets obscur (il s’agit souvent de sites de graphistes-auteurs, qui s’amusent à détourner les codes des sites traditionnels) mais sans en comprendre vraiment le fond. Il me manque souvent des informations importantes que je dois aller récupérer à gauche et à droite, glaner pour mieux comprendre. Ou du moins tenter de trouver une homepage ou une aboutpage (?).
Si je compare cet accès à l’information sur internet (plus précisément via les flux d’actualité — à priori Facebook devrait fonctionner plus ou moins comme Feedity) à l’accès à l’information dans le livre imprimé, plusieurs différences apparaissent. Le livre imprimé offre l’intérêt pour le lecteur de visualiser le contenu dans son intégralité. C’est un objet fini et tangible, on en voit le début et la fin. Cet objet comporte une couverture, comprenant des informations essentielles pour les livres les plus basiques dans leur forme (titre, auteur, résumé/accroche, date d’écriture, de parution…), ou bien une jacquette, une pochette ou tout autre dispositif permettant d’y faire paraître ces informations. Bien-sûr, cette nécessité d’identifier facilement le nom du livre ainsi que ses informations est due aux impératifs de la vente, et il est vrai que les sites internet échappent à ces règles. Néanmoins, si l’on considère ces deux media en terme d’organisation et de structure, il apparaît clair que le flux internet nous catapulte au milieu d’un site internet, sur une page lambda. Un livre peut être lui aussi ouvert en son milieu. Mais l’objet, manipulable, implique toujours que l’on ait un aperçu global de la structure de ses pages.

(Petite réflexion sans prétention. Demain elle me paraîtra sûrement moins génial que ça.)


Le 7 décembre 1952 Serge Berna, Jean-Louis Brau, Guy-Ernest Debord et Gil J. Wolman déclaraient à Aubervilliers la naissance de lInternationale Lettriste. Ce mouvement préfigurait l’Internationale Situationniste, qui vit le jour 5 ans après. En détournant des images trouvées dans les archives municipales d’Aubervilliers Alberto Calabria présente la naissance de ce mouvement et un approfondissement autour des théories de la Dérive et de la Psychogéoraphie.


Quid des termes du mémoire

Quid des termes de mon mémoire.
Je remets en question tous les mots que j’emploie. Je pensais avoir défini les termes qui me posaient problème jusque là ; il s’agissait de termes complexes, mais ce sont au final les expressions les plus courantes et communes qui m’apparaissent actuellement comme trop vagues.
Je parle de la non-linéarité dans le livre.
Non-linéarité ? C’est quoi ? À quel niveau ? Pour quelle échelle ? Non-linéarité dans le texte écrit ? Non-linéarité dans le mot, dans l’ordre des lettres, dans la phrase, la syntaxe ? Non-linéarité dans les faits qui sont narrés, dans l’histoire ? Cette non-linéarité permise par des flash-backs, des ellipses et autres effets de style ? Ou cette non-linéarité exprimée au niveau du paragraphe, dans le chapitre, dans les “plateaux” de Deleuze & Guattari ? Non-linéarité dans la façon dont on s’empare de l’objet, dans le rapport que l’on a avec le livre ?
Le livre. Je parlais jusqu’à présent du livre linéaire par opposition au livre non-linéaire. Par là, j’entendais le livre relié, de façon traditionnelle, avec un début suivant la première de couverture et une fin précédant la quatrième, et dont le texte courait tout au long des pages. Et je m’attachais à observer la façon dont il était possible de naviguer dedans, différemment. Et voilà que je me surprends à fouiller du côté de “livres-posters”, de feuillets détachables, d’accordéons et autres systèmes imprimés, flirtant avec la simple fiche, à mi-chemin entre le livre “traditionnel” et le document imprimé, comme un objet fini en soi, et dont la mise en réseau avec d’autres documents similaires se fait simplement dans la mise en espace de l’objet, et non dans la navigation que le lecteur aura à faire entre les différentes informations délivrées.
Il faut absolument que je délimite le terrain.

Tout à l’heure, j’ai aussi pensé au thème de mon mémoire. Enfin, disons, à l’angle d’attaque. Et s’il ne s’agissait pas plutôt et simplement de me questionner sur la façon dont il est possible de mettre en réseau dans un livre plusieurs informations différentes, qui s’apparentent à des vérités/des témoignages différents ?
Il s’agirait toujours bien souvent de non-linéarité, je le pense, mais peut-être aussi plus précisément de réseau.
Cela colle plus à mes préoccupations, à mes centres d’intérêt et à mon travail. Comme un film choral. Transposé dans le livre.
Pour soutenir tout ça, il faut que je creuse, voir si cela existe. Déjà.


Les artistes qui passent du livre au poster

C’est la fin des “vacances”. Enfin, je me rends surtout compte que le temps file rapidement. Je suis maintenant bien installée dans mon appartement, j’ai une vraie connexion à internet pour vraiment bien travailler et un petit bureau sur lequel poser mon ordinateur. Un véritable stand à mémoire. Il est temps de s’y remettre.

Je scrolle sur Facebook et tombe sur un nouvel article du site Manystuff, à propos de Allen Ruppersberg et de The Story That Writes Itself. http://www.manystuff.org/?p=20826
Une exposition mettant en scène cette série de posters s’y tient à la galerie Michèle Didier à Paris. Je vais la voir demain.


German Deleuze translator and cultural theorist Joseph Vogl talk about D&G’s term
Rhizome. 2006


  • Page 1 of 8